{"id":548,"date":"2016-12-01T01:02:22","date_gmt":"2016-12-01T00:02:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.tomolis.com\/anatomie\/?page_id=548"},"modified":"2016-12-01T01:02:22","modified_gmt":"2016-12-01T00:02:22","slug":"creation-du-conservatoire-1794","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.tomolis.com\/anatomie\/index.php\/creation-du-conservatoire-1794\/","title":{"rendered":"Cr\u00e9ation du Conservatoire (1794)"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;article 6 du d\u00e9cret, consid\u00e9rant l&rsquo;importance de l&rsquo;anatomie dans le d\u00e9roulement des \u00e9tudes m\u00e9dicales, cr\u00e9ait un \u00ab\u00a0Conservatoire\u00a0\u00bb le 26 frimaire an III (26 d\u00e9cembre 1794) comprenant un \u00ab\u00a0Cabinet d&rsquo;Anatomie, une s\u00e9rie d&rsquo;instruments et d&rsquo;appareils de chirurgie et une collection d&rsquo;histoire naturelle m\u00e9dicale\u00a0\u00bb. Il \u00e9tait un outil de travail incomparable pour un grand nombre d&rsquo;\u00e9tudiants en m\u00e9decine, avides de bien conna\u00eetre leur art, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les moyens modernes d&rsquo;exploration du corps humain n&rsquo;existaient pas. Pour cette raison \u00e9vidente l&rsquo;enseignement de l&rsquo;anatomie est scell\u00e9 entre les responsables de la chaire et du conservatoire.<\/p>\n<p>Le local primitif qui lui fut destin\u00e9 dans le ci-devant \u00e9v\u00each\u00e9, pour parler le langage de l&rsquo;\u00e9poque, n&rsquo;est pas celui que nous avons l&rsquo;habitude d&rsquo;appeler ancien Conservatoire, situ\u00e9 au-dessus du laboratoire d&rsquo;histologie et devenu salle d&rsquo;examens. Une d\u00e9lib\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9cole, du 29 prairial an V, permet de supposer que le premier Conservatoire devait se trouver, ainsi que la Biblioth\u00e8que, dans les locaux aujourd&rsquo;hui au secr\u00e9tariat et aux r\u00e9unions de la Facult\u00e9 \u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9cole de sant\u00e9, consid\u00e9rant que la d\u00e9molition du mur d&rsquo;enceinte de la terrasse des Marronniers, qui avait \u00e9t\u00e9 faite par ordre de l&rsquo;administration municipale pour ouvrir la communication de la rue Basse avec les boulevards, met en danger les objets contenus au Conservatoire et \u00e0 la Biblioth\u00e8que, a autoris\u00e9 le citoyen directeur \u00e0 faire construire un nouveau mur dans la partie de ladite terrasse qui en manque, afin de mettre le Conservatoire et la Biblioth\u00e8que \u00e0 l&rsquo;abri de tout \u00e9v\u00e9nement \u00ab\u00a0. La direction fut confi\u00e9e \u00e0 un conservateur charg\u00e9 de faire annuellement la d\u00e9monstration des drogues usuelles et des instruments de chirurgie en deux cours distincts\u00a0\u00bb. Joseph Guillaume Virenque (1759-1829) a \u00e9t\u00e9 le premier conservateur nomm\u00e9 par la loi du 26 Frimaire An III (17 d\u00e9cembre 1794).<\/p>\n<p>Onze conservateurs se sont succ\u00e9d\u00e9s jusqu&rsquo;en 1927 date \u00e0 partir de la quelle la fonction de conservateur fut supprim\u00e9e et rattach\u00e9e au Laboratoire d&rsquo;Anatomie (An III (1794) Joseph Guillaume Virenque, An X (1801-1802) Jacques Philippe, Raymond Draparnaud, An XII (1803-1804)Joseph Anglada, 1809 Antoine, Simon, Jules Duportal, 1823 Augustin, Gaspard, Emile, Ren\u00e9, 1835 Fran\u00e7ois Anselme-Jaumes, 1850 Justin Benoit, 1853 Pierre Denis Jules Quissac, 1879 Joseph Grynfeltt, 1885 Jean Marie Bimar, 1915 Constant Lapeyre, 1917 Paul Gilis, 1927 fonction supprim\u00e9e).<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, les ressources du Conservatoire furent bien pauvres ! L&rsquo;\u00c9cole fonctionnait depuis trois mois \u00e0 peine, que, le 22 germinal an III (22 avril 1794), les professeurs de m\u00e9decine op\u00e9rante (Montabr\u00e9 et Berthe, son adjoint) se plaignent d&rsquo;\u00eatre oblig\u00e9s de suspendre leurs cours de bandages, faute de linge et d&rsquo;un mannequin. A la date du 28 brumaire an IV (28 mars 1795), le directeur de l&rsquo;\u00c9cole Ren\u00e9, communique \u00e0 ses coll\u00e8gues une lettre de la Commission ex\u00e9cutive de l&rsquo;instruction publique du 13 courant, dans laquelle cette Commission donne avis que le conservateur de l&rsquo;\u00c9cole de sant\u00e9 de Paris a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par le Comit\u00e9 d&rsquo;instruction publique de procurer \u00e0 celle de Montpellier ceux des instruments de chirurgie dont elle a le plus pressant besoin, et qui se trouvent en double dans la collection de son Ecole.<\/p>\n<p>Cet envoi ne d\u00fbt pas \u00eatre cependant des plus riches, puisque, le 20 frimaire an VII (20 d\u00e9cembre 1798), l&rsquo;\u00c9cole adresse au Pouvoir une demande de fonds de 2,000 francs pour achat d&rsquo;instruments de chirurgie, parce que malgr\u00e9 que la loi du 14 frimaire an III (14 d\u00e9cembre 1794) porte textuellement que chacune des \u00c9coles de m\u00e9decine aura une collection d&rsquo;instruments de chirurgie, celle de Montpellier en est presque d\u00e9pourvue, attendu qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exception de deux bo\u00eetes pour les amputations, de deux pour le tr\u00e9pan et d&rsquo;une pour la fistule lacrymale, tous les autres instruments envoy\u00e9s par le directeur de l&rsquo;\u00c9cole de Paris sont plus propres \u00e0 meubler les ateliers d&rsquo;un artisan qu&rsquo;un arsenal de chirurgie.<\/p>\n<p>Les collections anatomiques \u00e9taient aussi nulles. Dans la s\u00e9ance du 12 messidor an III, Lafabrie et Seneaux sont charg\u00e9s de se joindre au citoyen Puech pour obtenir des h\u00e9ritiers de feu Joubert que la collection anatomique de ce savant, la seule qui se trouve dans cette commune, ne soit pas vendue ailleurs qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de sant\u00e9. Et la v\u00e9rit\u00e9 est que les pi\u00e8ces anatomiques acquises de cette succession sont les premi\u00e8res qui soient entr\u00e9es dans la Facult\u00e9.<\/p>\n<p>Au 18 fructidor an V, Lafabrie d\u00fbt intervenir aupr\u00e8s de l&rsquo;administration centrale du d\u00e9partement pour obtenir l&rsquo;\u00e9corch\u00e9 de Houdon, qui se trouvait dans la collection des pl\u00e2tres qu&rsquo;elle avait acquise de la veuve Joubert, et qui se trouve aujourd&rsquo;hui dans le grand escalier du conservatoire actuel, dont il indique la porte.<\/p>\n<p>Ce qui contribua le plus \u00e0 accro\u00eetre les collections d&rsquo;anatomie fut la d\u00e9cision du 4 brumaire an VII (1798) de l&rsquo;\u00c9cole, qui adopte \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 partir de l&rsquo;ouverture des cours de l&rsquo;an VII (1798), nul \u00e9l\u00e8ve ne peut \u00eatre admis aux examens d\u00e9finitifs qu&rsquo;il n&rsquo;ait pr\u00e9sent\u00e9 une pi\u00e8ce anatomique naturelle ou artificielle, pour \u00eatre d\u00e9pos\u00e9e au Conservatoire. Ainsi se form\u00e8rent peu \u00e0 peu des collections d&rsquo;anatomie normale et pathologique, qui devaient bient\u00f4t s&rsquo;enrichir de dons nouveaux d&rsquo;une importance plus grande.<br \/>\nLe conservateur Virenque, qui fut bient\u00f4t apr\u00e8s (17 pluvi\u00f4se an VIII,1799) professeur de chimie garda la direction du Conservatoire jusque vers la fin de l&rsquo;an X (1802), \u00e9poque \u00e0 laquelle Chaptal, devenu ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur, appela Jacques-Philippe-Raymond Draparnaud \u00e0 la place de conservateur, avec le titre, le rang et les pr\u00e9rogatives de professeur. \u00ab\u00a0Le 3 frimaire an, XII (1804), J. Anglada, succ\u00e9da \u00e0 Draparnaud. C&rsquo;est pendant sa gestion, le 17 germinal an XII (17 avril 1804), que l&rsquo;\u00e9cole re\u00e7ut de Laumonier (de Rouen) un premier envoi de pi\u00e8ces anatomiques model\u00e9es en cire. Delmas fut envoy\u00e9 dans cette ville, pour apprendre aupr\u00e8s de ce ma\u00eetre habile l&rsquo;art de modeler la cire ; devenu chef des travaux anatomiques, il fit de cette substance, entre autres un \u00e9corch\u00e9 de la taille d&rsquo;un enfant de deux ans, sur lequel on voit une belle pr\u00e9paration du syst\u00e8me lymphatique. En 1807, la Facult\u00e9 acheta de la succession du professeur Pierre-Marie-Auguste Broussonnet (1761-1807) une riche collection de poissons des mers du Sud, de la Jama\u00efque et des c\u00f4tes de la Grande Bretagne, Cuvier l\u00e9gua des \u00e9tudes pal\u00e9ontologiques avec une s\u00e9rie de reproductions en pl\u00e2tre de ses animaux fossiles.<\/p>\n<p>Delmas fit l&rsquo;int\u00e9rim, d&rsquo;Anglada en tant que chef des travaux anatomiques, am\u00e9liora les collections anatomiques, tandis que Duportal nomm\u00e9 le 19 mai 1810 se souciait fort peu du Conservatoire. Le 9 f\u00e9vrier 1813, il n&rsquo;avait pas encore paru dans son nouveau service. Le 2 juin 1815, la Facult\u00e9 lui vota une lettre de remerciements. De cette \u00e9poque, date l&rsquo;entr\u00e9e au Conservatoire d&rsquo;un grand nombre de pr\u00e9parations d&rsquo;anatomie humaine et compar\u00e9e, normale et pathologique. Delmas, non seulement modelait artistement la cire et fournissait beaucoup de pi\u00e8ces naturelles habilement diss\u00e9qu\u00e9es. Lordat, d&rsquo;abord comme prosecteur, puis comme chef des travaux anatomiques, travaillait aussi, \u00e0 cette \u00e9poque, \u00e0 enrichir nos collections d&rsquo;anatomie humaine et compar\u00e9e. A. Roubieu, qui resta longtemps prosecteur de la Facult\u00e9, augmentait tous les ans le nombre des pi\u00e8ces d&rsquo;anatomie normale et pathologique.<\/p>\n<p>En 1815, le nombre des objets appartenant au Conservatoire s&rsquo;\u00e9tait tellement accru, et les pr\u00e9parations anatomiques s&rsquo;alt\u00e9raient tellement par l&rsquo;effet de l&rsquo;humidit\u00e9 dans le local qui les renfermait, que Claude \u2013 Jacques-Mathieu Delpech (1777-1832), rapporteur d&rsquo;une Commission compos\u00e9e de Montabr\u00e9, Virenque, Pages, Lordat pour aviser sur la situation du Conservatoire, conclut \u00e0 la translation de tous les objets faisant partie des collections dans une autre partie de la Facult\u00e9, et proposa de demander au Recteur le local occup\u00e9 par le secr\u00e9tariat de l&rsquo;Acad\u00e9mie, qui se trouvait dans la salle dite aujourd&rsquo;hui ancien Conservatoire<\/p>\n<p>Le 10 juillet 1817, sur la proposition du professeur Berthe, le doyen est pri\u00e9 d&rsquo;inviter le conservateur \u00e0 faire transporter au nouveau Conservatoire les objets qui \u00ab p\u00e9riclitent le plus dans le local primitif affect\u00e9 aux collections \u00bb.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es suivantes, les divers concours pour le prosectorat et pour la place de chef des travaux anatomiques donnent, \u00e0 des \u00e9poques p\u00e9riodiques, un grand nombre de belles pr\u00e9parations d&rsquo;anatomie humaine et compar\u00e9e et d&rsquo;anatomie pathologique avec Delpech, Lallemand, Dug\u00e8s qui fournissaient au Conservatoire les plus beaux sp\u00e9cimens de toutes les l\u00e9sions organiques, dont l&rsquo;\u00e9tude commen\u00e7ait \u00e0 passionner tous les m\u00e9decins.<\/p>\n<p>Du 18 f\u00e9vrier 1823 au 7 avril 1835, p\u00e9riode pendant laquelle les richesses augmentaient tous les jours, le Conservatoire fut sous la direction de Ren\u00e9. Du 3 juin 1835 au 6 juin 1850, les professeurs Rech, et Jaumes, charg\u00e9 des fonctions de conservateur les remplit avec une rare distinction, en attendant la chaire magistrale qu&rsquo;il a illustr\u00e9e par son enseignement. Jaumes avait la direction du Conservatoire, lorsqu&rsquo;en 1842, sur la proposition d&rsquo;Orfila, doyen de la Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris, le Ministre de l&rsquo;instruction publique mit \u00e0 la disposition de la Facult\u00e9 une somme assez ronde pour l&rsquo;achat de pi\u00e8ces d&rsquo;anatomie pathologique en carton pl\u00e2tre, ex\u00e9cut\u00e9es par le docteur Thibert, repr\u00e9sentant diverses l\u00e9sions du cerveau, des voies respiratoires, des appareils digestif et g\u00e9nito-urinaire, du syst\u00e8me t\u00e9gumentaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;article 6 du d\u00e9cret, consid\u00e9rant l&rsquo;importance de l&rsquo;anatomie dans le d\u00e9roulement des \u00e9tudes m\u00e9dicales, cr\u00e9ait un \u00ab\u00a0Conservatoire\u00a0\u00bb le 26 frimaire an III (26 d\u00e9cembre 1794) comprenant un \u00ab\u00a0Cabinet d&rsquo;Anatomie, une s\u00e9rie d&rsquo;instruments et d&rsquo;appareils de chirurgie et une collection d&rsquo;histoire naturelle m\u00e9dicale\u00a0\u00bb. 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